En analysant de plus près les données du HCP, on comprend que ce 4,1 % n’est pas qu’un simple chiffre abstrait : il traduit une économie où la demande intérieure joue le rôle de stabilisateur, compensant pour l’instant le ralentissement observé dans certains secteurs clés. Comparée aux 4,2 % du même trimestre en 2024, la croissance marque un léger recul, mais elle reste robuste face aux incertitudes économiques mondiales et aux tensions sur les marchés internationaux.
L’un des enseignements les plus frappants de la note d’information trimestrielle est la domination de la demande intérieure comme principal moteur de l’activité. La consommation des ménages, boostée par un pouvoir d’achat qui, selon d’autres publications du HCP, a connu une amélioration notable en 2024, demeure un pilier essentiel de cette croissance.
Un moteur agricole qui repart, mais une industrie en ralenti
Sur le plan sectoriel, les activités non agricoles accusent un ralentissement notable. Elles passent de 4,8 % de croissance à seulement 4 % au T4‑2025. La construction et les travaux publics, longtemps considérés comme des baromètres de la vitalité économique, voient leur rythme se tasser, tandis que les activités minières reculent.
En revanche, le secteur agricole fait preuve d’un redressement prononcé après une année précédente difficile marquée par des sécheresses sévères et des rendements agricoless faibles. Cette reprise est significative : une croissance de 4,7 % qui joue un rôle de stabilisateur dans l’ensemble de l’économie nationale.
La transformation industrielle, souvent mise en avant dans les stratégies de diversification économique, affiche aussi une amélioration intéressante. Sa progression est passée de 2,4 % à 4,1 %, ce qui laisse entrevoir une résilience certaine dans une période où d’autres économies régionales peinent.
Le défi d’un modèle de croissance plus inclusif
Ce que ces chiffres racontent, au bout du compte, est la trajectoire d’une économie en transition. Le Maroc continue de croître, certes, mais à un rythme qui met en lumière les disparités entre secteurs et les défis d’une croissance plus robuste et durable. Dans un pays jeune, dynamique et tourné vers l’innovation, cela pose la question de l’adaptation des politiques publiques : comment maintenir une croissance soutenue tout en renforçant la résilience des secteurs clés et en élargissant les opportunités d’emploi pour les jeunes générations ?
Surtout révélatrice d’une économie qui avance avec prudence, portée par sa demande interne et ses atouts agricoles, mais confrontée à des défis structurels qu’il faudra surmonter pour assurer une prospérité partagée et durable dans les années à venir.
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